Vous avez peut-être fait sa rencontre il y a 1 an, au cours d’un Aperoboat dont nous étions aux manettes, ou alors vous le connaissez peut-être depuis plus longtemps. Ses portraits peuplent en effet les rues bordelaises et celles d’Amsterdam, Londres ou encore Berlin : sans doute êtes-vous déjà tombé(e) nez à nez avec l’un d’eux, au détour d’un trajet. Nous vous proposons de passer de l’autre côté du portrait et de découvrir celui qui se cache derrière ces créations : Nasti, jeune artiste bordelais aux traits caractéristiques, véritable dédoublement artistique, aussi bien à l’aise à la photo qu’en peinture. Pour nous, il s’est dévoilé, progressivement, nous laissant entrer dans sa sphère, à l’instar de ses œuvres.

portraits NASTI

Interview de NASTI

Qui est Nasti ?

C’est ma seconde conscience, la face cachée derrière le miroir sans teint.

Depuis combien de temps t’adonnes-tu à la conception artistique ? Depuis quand crées-tu des toiles, des peintures, autres ?

Depuis deux ans maintenant, bien que je dessine depuis l’enfance.

S’agit-il d’une vocation, une prise de conscience, une découverte au hasard, un passe-temps qui est devenu plus, juste une passion ?

C’est un cocktail de tout : un passe-temps qui se transforme en passion, qui se mélange à un peu de chance et de volonté. C’est prendre conscience que chaque jour il est possible de mieux faire.

Pourquoi utiliser la bombe de peinture ?

Tout simplement parce que la bombe de peinture est essentielle pour le pochoir, bien qu’il existe d’autre moyen.

On considère la bombe à tag comme un objet lié au vandalisme, à la rébellion ; pour toi, on peut peindre sur les murs et être un artiste ? Pour aller plus loin, le tag doit-il être considéré comme une œuvre d’art ?

Je ne sais pas si peindre sur les murs signifie que l’on est artiste… Selon moi, être artiste constitue un tout.

L’histoire fait les choses par elle-même, le tag fait maintenant partie de l’Histoire de l’Art.

Où puises-tu ton inspiration ?

Les sources d’inspiration sont multiples et peuvent émaner de chaque chose, par exemple prendre du recul sur les éléments les plus simples du quotidien.

« Il y a une musique pour chaque seconde de l’existence. »

On croise certaines de tes productions dans plusieurs villes ; pour toi, la rue ça représente quoi ? Est-ce un terrain d’expression parmi d’autres ou ton terrain d’expression favori ?

La rue, c’est une autre manière d’aborder mes peintures : c’est plus spontané, plus vrai aussi parfois.

C’est aussi l’occasion de laisser un petit bout de moi.

Est-ce que, justement, le fait d’être exposé à la Base sous-marine ne concorde pas avec cet univers de la rue ? La Base sous-marine ne respire pas la galerie d’art, c’est urbain, industriel, un peu à l’image de la rue. C’est donc une certaine logique de te retrouver exposer là-bas ?

L’univers de béton s’y prête parfaitement je trouve. Depuis 10 ans elle a pris un nouveau souffle tout en gardant l’odeur de son histoire chargée. Mais les choses changent et évoluent.

Tes œuvres qu’on retrouve dans la rue représentent des portraits où le regard joue un rôle essentiel : y a-t-il une volonté de créer une confrontation avec le public ? Est-ce que c’est ce but là recherché ou pas du tout ? Est-ce un moyen d’entrer en communication avec l’autre ?

Le regard est la source d’expression de tout langage, c’est l’écho des pensées les plus sincères. De ce fait il devient une partie essentielle de mon travail si l’on cherche à en comprendre le sens.

Base sous-marine - "LÉGENDES URBAINES" - NASTI

Contrairement à tes portraits, « Courant continu » à la Base sous-marine semble plus relever de l’installation filaire, lumineuse, avec un enchevêtrement de tubes, comme des lignes de fuite qui s’emmêlent, quelle en est la signification ? Est-ce une nouvelle direction que tu prendrais ? Le lieu participe-t-il à la création d’une installation de ce genre ?

Mon exposition à la Base sous-marine n’est pas un portrait mais plutôt un reflet. Un reflet de tout ce qui s’impose à nous et en nous, de notre volonté, de tout ce que nous refusons inlassablement de voir.

Tu te vois où à l’avenir ?

Un cigare, du rhum, une île et des p*tes.

Ton rêve, en termes de lieu d’exposition ou d’endroits où t’aimerais poser ton nom, ça serait quoi ? Et pourquoi ? Ce(s) lieu(x) représente(nt) quelque chose pour toi ?

Le Louvre, le MoMA et les autres… Mais je sais pas trop pourquoi !

Si ton travail représentait une ou des musiques, lesquelles seraient-ce ? Même question avec des films, des clips, des images ; Sinon tu bosses en musique ? Si oui avec quel genre de son ? La musique occupe-t-elle une place dans ta conception artistique ?

Miles Davis et la bande originale d’Ascenseur pour l’échafaud. Tout l’album, sans exception. Et le jazz en général, tout ce qui est bon.

La musique dirige les mouvements et danse avec nos émotions. Il y a une musique pour chaque seconde de l’existence.