Bien que l’heure ne soit pas encore à l’effervescence et au bouillonnement d’un club, il est reste important de continuer de partager et de véhiculer des valeurs festives, de solidarités, de découvertes et musicales bien sûr. La FIMEB et Ola Radio s’associent pour présenter Club 360. Ce projet souhaite mettre en lumière la scène artistique bordelaise à travers trois jours de stream. Encore pouvez-vous penser suite à avoir regardé des heures durant les lives de United We Stream (en partenariat avec Arte Concert), Club Quarantåne (Resident Advisor), Internet Rave (Le Sucre à Lyon) ou encore Club in the Cloud (Amsterdam) pour ne citer qu’eux. certes, mais ce stream est à 360° et entend valoriser des lieux connus et emblématiques de la ville sous des angles mésestimés grâce à une expérience digitale immersive.

Club 360 : sous-sol du miroir d'eau de Bordeaux

Les toits de la base sous-marine de Bordeaux, le hall du Musée d’Aquitaine ou encore le sous-sol du miroir d’eau (dans lequel notre résident Hirschmann jouera vendredi 19 juin de 18H à 19H), la singularité de ces endroits est soulignée tout comme les artistes présentés. En outre, l’initiative est solidaire puisqu’un système de donation est mis en place pour l’association Bienvenue qui vient en aide aux réfugiés afin de leur offrir une vie plus digne. Le collectif est également engagé auprès de l’ONG SOS Méditerranée à travers une manifestation annuelle citoyenne, artistique et culturelle. D’ailleurs, la collecte est déjà ouverte ici : bit.ly/HelloAssoClub360

Club 360 : Bordeaux sous tous ses angles

Club 360 : les toits de la base sous marine de Bordeaux

Trois lieux emblématiques découverts grâce à une expérience digitale immersive, mais pas d’embrassades et de club bondés à l’horizon. Nous ne sommes pas encore en mesure de nous retrouver ensemble, de faire la fête « comme avant » dans un club sombre à danser jusqu’au bout de la nuit. C’est malheureux, mais ça reviendra. En attendant, Ola et la FIMEB ont pensé à vous en étendant le Club 360 afin de retransmettre en direct les performances des artistes partout dans la ville grâce à leur réseau de bars et restaurants partenaires.

Club 360 : un horizon des talents artistiques bordelais

17 artistes se succèderont trois jours durant derrière les platines avec à chaque fois une heure de temps pour développer leur univers, leur style, leur manière de concevoir la scène électronique. On retrouve différentes couleurs musicales, allant d’une musique breakée, tirant vers la bass music à une techno industrielle froide et rapide, passant par le fer de lance d’une techno / electro rétro-futuriste Djedjotronic ou « The Beast From Bordeaux » signé chez Pinkman Jann. Sur un versant plus héliotropique, la house et ses variantes sont également au programme avec une pluralité de sous-genre plus ou moins club ou minimaliste. Chaque talent est affilié à une bande bordelaise qui, au courant de l’année, fait vivre à sa manière la culture de la musique électronique à travers des fêtes, des sorties digitales ou physiques, des résidences radiophoniques ou des articles.

Interview de la FIMEB et d’Ola Radio

Comment est né le projet Club 360 ? Qui est à l’origine ? De quel constat est parti cette envie ?

Ola : À la base, c’est parti d’une blague en interne, en se disant qu’on allait faire 24h de livestream avec avec 24 dj’s pour la Fête de la Musique. Puis, on a contacté la FIMEB et on a fait évoluer le projet dans un sens commun. On s’est rapidement mis d’accord. Le constat est donc parti de base d’une Fête de la Musique quasi morte pour cette année.

N’avez-vous pas eu peur que ce soit considéré comme un énième live stream ?

Ola : Si. C’est pour cette raison que le choix des lieux était primordial. L’idée du 360° permet aussi d’innover. Après bien sûr, la fête et nos artistes nous manquent. Nous trouvons donc normal de leur offrir un maximum de visibilité à travers Club 360. D’un point de vue artistique, je pense que ces artistes ont eu le temps de se recentrer pendant le confinement et de mieux développer leur vision artistique respective. Par conséquent, d’après nous, ce projet n’est pas de trop à Bordeaux.

Comment s’est opéré le choix des lieux ? Cette volonté de singularité, de mettre en lumière une face méconnue d’un lieu, pouvez-vous nous expliquer cela ?

FIMEB : Dès le début du projet, nous nous sommes dit que les lieux et leur singularité seraient déterminants pour enrichir l’impact culturel et la proposition visuelle du Club 360. Dans ce sens, il y avait l’enjeu pour nous de parvenir à tirer à notre avantage cette interdiction d’accueillir du public pour explorer des lieux emblématiques de Bordeaux sous un nouvel angle. À travers Club 360, notre ambition est de prouver que la musique électronique a un rôle à jouer dans sa faculté à offrir un autre regard sur la ville et est essentielle pour inventer de nouvelles formes de valorisation du patrimoine. C’est une première pierre, en cette période si particulière pour la culture, pour amorcer dans la durée une autre démarche d’expression de notre scène locale sur son territoire.

Club 360 : Hall du Musée d'Aquitaine de Bordeaux

Une collecte de fonds est organisé pour Bienvenue, pouvez-vous nous en dire plus ? Pourquoi ce choix ?

FIMEB : La période d’arrêt quasi-total des activités culturelles que nous venons d’affronter nous a pas mal fait réfléchir. Avec certains de nos membres, on a beaucoup échangé pendant le confinement sur quel pouvait être notre rôle en tant qu’acteur culturel au vu de la prise de conscience par la population de différents enjeux qui traversent notre société. Malgré les difficultés auxquelles la scène fait face, il nous a semblé important de ne pas se refermer sur nous-même mais plutôt d’agir encore plus fortement en faveur des autres. C’est pour cela qu’on s’est rapproché du collectif Bienvenue, qu’on remercie d’avoir tout de suite adhéré à notre projet. On encourage donc tout le monde à donner, à la hauteur de ses moyens, pour soutenir leur action en faveur des personnes réfugiées.

J’ai vu passer quelques commentaires à propos d’un line up toujours identique – bien qu’il n’était pas encore publié à ce moment-là entendons-nous, comment s’est opéré le choix de ces line ups ?

Ola : Des propos généralement formulés par des personnes qui font pas grand-chose au quotidien pour mettre en avant une scène bordelaise. Il est vrai, que l’on ne peut pas faire plaisir à tout le monde. On se réserve le droit de collaborer avec qui nous voulons. C’est comme ça. La musique c’est une question de sensibilité et d’affinité. En l’occurrence, ce line-up est totalement inédit et nous sommes fiers de le produire ensemble. Nous brassons un large spectre musical durant ces 3 jours. Avec la FIMEB, nous nous sommes rapidement mis d’accord sur ces 17 artistes. Nous avons sélectionné des dj’s qui produisent aussi. L’idée étant in fine que la vidéo produite pendant leur set soit vraiment utile à chaque artiste, qu’elle puisse être une vraie carte de visite.

Line up Club 360

Vous mettez en avant des djs et producteurs qui ne sont pas toujours très « visibles » sur Bordeaux, des gars qui ne sont pas membres de la FIMEB, quelle est la démarche derrière ?

Ola : L’intégralité du line-up sont des artistes résidents chez nous. Pour nous ça faisait sens de les programmer sur ces 3 jours. La FIMEB et Ola ont un gros point commun, celui de vouloir exporter la scène bordelaise à l’échelle nationale. Par conséquent, nous avons pris un maximum de recul sur le choix des artistes. Encore, une fois, ça ne peut pas plaire à tout le monde. C’est le jeu : )

FIMEB : L’idée derrière la programmation du Club 360 c’était d’élaborer un panel varié des forces artistiques qui font la diversité de la scène bordelaise. Dans ce cadre, on voulait dessiner sur 3 jours un vrai panorama des esthétiques qui façonnent l’identité de notre scène. On a également eu à coeur de mêler des personnes aux parcours plus confirmés avec d’autres qui sont en train de construire pas à pas leur projet artistique. On est persuadé que l’émulation de tous ces profils est nécessaire à l’émergence de la scène en-dehors de ses frontières.

La FIMEB veut-elle ouvrir le champ des possibles pour défendre des entités artistiques individuelles ? Va-t-il y avoir des accompagnements mis en place pour les producteurs indépendants (au sens en dehors d’un crew) ?

FIMEB : Ouvrir le champ des possibles nous laisse une grande latitude d’action mais toujours est-il que oui, en tant qu’acteur fédérant de nombreuses entités à travers la ville, c’est notre rôle aussi de réfléchir à d’autres façons de promouvoir notre scène et cela passe évidemment en premier lieu par nos artistes. Cette dimension artistique du projet va se construire peu à peu, au fil des projets, mais il est certain que la FIMEB doit jouer son rôle dans cette partie importante du développement de la scène locale. Soutenir les producteurs qui souhaitent émerger au sein de la FIMEB et s’ouvrir à l’ensemble de la scène est plus que jamais incontournable et sera un de nos chantiers principaux dans les mois à venir.