La belle Ola Radio s’est vue confier les clés de la Halle des Chartrons cet été. Afin d’y prendre ses aises, d’y créer un deuxième bureau, la bande y installe  en outre une résidence artistique avec leur directeur artistique et graphiste Maceo tout l’été. Ce dernier sera accompagné de Gabriel de Sercey, résident de Syndrome et membre de Modern Collapse, afin de mettre en lumière une scénographie évolutive dans les 300 mètres carrés de la Halle. Lieu historique, bâtiment emblématique, nous avons hâte de découvrir le lieu pensé et vu par Ola Radio, de mettre les pieds dans cet écrin qu’on nous prépare avec soin. 6 mois à peine après son lancement, la webradio bordelaise continue de tisser des liens.

Ola Radio à la Halle des Chartrons

Ola Radio, deux jours de fête fin juillet

Deux jours d’événements sont prévus, les 25 et 26 juillets, avec des acteurs locaux qui participent à la vie de la radio de près ou de loin. Lors de ces deux jours sont prévus une exposition de Maceo, le directeur artistique et graphiste d’Ola Radio, du fooding par le Café Mancuso et plein d’autres surprises à venir. En fin de journée, l’ambiance musicale sera assurée par des dj sets, mais aussi des live machines, du modulaire mais encore des concerts de rap. On vous glisse par la même qu’Hirschmann est de la partie le vendredi 26 juillet.

Événement Ola Radio à la Halle des Chartrons

Du 11 juillet au 20 août, nous savons qu’Ola utilisera la Halle au moins une fois par semaine afin de délocaliser des émissions qui rendent bien visuellement. On aura par exemple Black Shabbat FM en direct ou encore les centaines de patchs d’un modulaire ou les nombreux boutons d’un live machine. Tout au long de cette résidence, Gabriel de Sercey et Maceo seront au sein de la Halle pour y créer et y penser une scénographie évolutive. Elle sera visible à plusieurs reprises en live stream sur le site olaradio.fr mais surtout les 25 et 26 juillet ! Nous avons voulu leur poser quelques questions afin de leur laisser la parole.

Interview de Maceo et de Gabriel de Sercey

Comment est arrivée l’idée de faire une scénographie évolutive avec Ola Radio, ici dans ce lieu ?

Gabriel : Alors pourquoi une scéno évolutive ? Parce que ça peut potentiellement s’adapter à d’autres lieux et parce que c’était dans un délire où on se disait que cette Halle-là on allait la spatialiser avec des modules, c’est une expérience de créer de l’espace dans un endroit défini, dans un espace qui existe déjà. On peut répéter cette expérience à l’infini, et c’est pour ça qu’on a fait ce choix de modules. Le fait que ce soit évolutif c’est aussi un travail de recherche d’espace.

Maceo : Oui, et puis ça permet aussi de faire rencontrer notre boulot. Si c’était juste l’idée de poser un truc ça s’arrête assez vite alors que là, pour le coup, on peut s’amuser, on peut en discuter et continuer à créer dans l’espace.

Gabriel : Il n’y a pas de terme, il y a toujours des choses à faire et comme c’est une recherche constante il y a toujours des trucs à amener en plus.

Ce travail à deux il mûrit depuis combien de temps ?

Maceo : À côté de ça on a nos boulots tous les deux mais on bosse ensemble depuis un moment.

Gabriel : On se connait depuis le collège, ça fait 10 ans qu’on se connait. Après on ne savait plus qui on était, puis on s’est retrouvé, et voilà on a commencé à bosser ensemble. C’est un peu l’apogée du truc cet événement parce que ce n’est pas l’un qui bosse pour l’autre, on bosse tous les deux sur un même truc.

Maceo : Ce n’est pas la première fois qu’on bosse ensemble, fin pour construire quelque chose si. Cette fois on apporte l’un à l’autre nos petits bagages, on s’aide, on s’entraide. Il y a des trucs sur lesquels je suis hyper mauvais bah Gabriel est là !

Gabriel : Au début c’était plus un rapport type l’un a les idées l’autre a la technique. Au fur à mesure ça s’est corrélé, mélangé, et c’est là que c’est devenu intéressant. Y’a un échange, des dialogues.

Maceo et Gabriel de Sercey scénographie Ola Radio

Maceo & Gabriel

Est-ce que vous avez une carte blanche totale de la part d’Ola Radio et comment vous envisagez cette collaboration ?

Gabriel : Une carte blanche totale, ouais.

Maceo : Depuis que je bosse avec Rémi et Alice, pour tout ce qui est graphisme, ça a toujours été hyper libre, hyper cool. J’ai vraiment le choix et c’est d’ailleurs pour ça que j’ai dit à Gab « Viens on bosse ensemble » ; ça nous donne plus de responsabilités dans un sens particulièrement sur ce projet parce que si ça foire c’est vraiment de notre faute pour le coup. Ce n’est pas une commande, on ne nous a pas dit : « Tiens tu vas faire 7 modules et les poser » . C’est un choix qu’on a fait.

Gabriel : On a vraiment créé le projet de A à Z et c’est plus intéressant.

Qu’est-ce que vous souhaitez mettre en avant dans cette scénographie ?

Gabriel : L’idée c’est de mettre en exergue ce lieu, en créant de nouveaux lieux dedans. On va évidemment mettre en avant le lieu car on part du point de rotation centrale de l’octogone. À partir de là on a des angles qui se créent, des lignes qui se créent aussi avec la largeur des murs, avec la proportion de la salle. En réfléchissant à ça, on était en plan on a tout regardé. On s’est demandé : comment est-ce qu’on peut mettre en lumière la géométrie de ce lieu-là. Spatialement c’est ça. Le but aussi c’est de magnifier les oeuvres de Maceo aussi dans cette scéno, et de faire correspondre la structure des modules avec des énormes oeuvres.

Maceo : C’est de créer des pièces sans qu’elles soient non plus trop présentes. Ce que je trouve drôle c’est cette lumière qui bouge toute la journée. C’était assez joli d’avoir ces grands trucs très fin, très haut (4 mètres) quand on faisait la 3D, évidé car on voit à travers mais qui sépare malgré tout. Tu cloisonnes sans bloquer au final.

Gabriel : Le but c’est de garder une circulation fluide.

Maceo : On pourra voir l’artiste jouer même avec les modules. C’est ça le but.

Gabriel : Ce point de rotation vient d’un moment où on était là, la première journée. Il faisait ultra chaud et on était sur nos bureaux et on devait se décaler, parce que la lumière venait chauffer nos ordis. Ce point central on le ressent tout le temps, il faut le mettre en exergue dans la salle. On aura des circulations périphériques centrées vers ce point.

Ola Radio investit la Halle des Chartrons

À partir de quand le public pourra venir voir la scéno ou accéder à la Halle ?

Rémi (qui est là depuis le début mais on voulait pas le dire) : Le public pourra le voir sur les réseaux et sur Internet à partir du 10 juillet. Après ils pourront le toucher et le vivre les 25 et 26 juillets seulement. Il y a quatre dates où leur scéno sera vue de manière évolutive. La prochaine date ce sera le 17 juillet ; après l’événement il y aura encore deux dates dont une avec Modern Collapse pour terminer. Ce sera l’aboutissement du truc, il y aura eu une réelle évolution.

Est-ce que vous avez d’autres projets à venir dont vous avez envie de parler ?

Gabriel : Il y a quelque chose qui arrive très bientôt !

Maceo : Ouais, on est dans une agence qui s’appelle l’Antipode, tous les deux. C’est un moyen de mettre en avant nos boulots personnels, nos boulots communs. C’est aussi un moyen de faire des événements.

Gabriel : C’est une agence d’artistes, parisienne, toute nouvelle. Elle va se lancer dans les mois à venir. Le but de cette agence c’est d’avoir une plus grosse force de frappe pour les galeries. Ce n’est pas non plus un collectif en tant que tel, mais c’est un rassemblement d’artistes.

Maceo : On a tous la vingtaine, c’est un moyen aussi de dire qu’on est peut-être jeune mais on n’est pas inexistant, on a envie de bosser. Ce n’est pas parce qu’on est jeune ou qu’on débute qu’on ne doit pas nous prendre au sérieux.

Gabriel : C’est pluridisciplinaire, il y a de l’archi, de la photo, de la musique, il y a vraiment de tout. Le site va sortir bientôt…