L’ovni de la house, Sweely, nous régale entre house vintage et contemporaine. Cet artiste ultraproductif a déjà fait des heureux en promenant son live dans toute la France avec l’assurance d’un artiste chevronné… Sweely a répondu présent à l’invitation du collectif bordelais À l’eau et à embrasé la cale de l’IBOAT. On s’est dit que l’occasion était idéale pour satisfaire notre curiosité, et surtout la tienne.

Le mot Sweely est sur toute les bouches, mais qui est-il ?!

À quel moment as-tu commencé à aimer la musique électronique ?

Il y a 6 ans, avant j’écoutais grave de french touch et pas du tout d’electro, c’était vraiment de la house hyper frenchy. Après, mes goûts ont évolués au fil du temps et à force de faire de la musique.

Quand as-tu commencé à faire de la musique ? 

La musique électronique ça fait 6 ans, sinon j’ai fait du piano et de la batterie. Je fais toujours du piano d’ailleurs !

Pourquoi préfères-tu faire des live plutôt que des DJ sets ?

J’ai commencé par faire des lives,  j’ai une approche live de la musique tu sais, quand je rentre chez moi je vais dans mon studio et pas sur mes platines. J’ai un aspect de production depuis le début du coup ça ne changera pas, ça a toujours été comme ça et je me suis jamais vraiment posé de question là-dessus. Je mixouille chez moi vite fait mais pas en gig…

On trouve que pas mal d’artistes house émergents, que ce soit en France ou en Europe. Que penses-tu de cette vitalité retrouvée autour de la House ? 

Je trouve ça chan-mé, en France y’a plein d’artistes qui font de la house et y’a cette sonorité super française. Les producteurs français ont un peu cette patte french touch de toute manière, forcément  avec d’autres influences, mais ça reste propre au délire français. Et c’est ça que je trouve cool.

Quelles sont tes inspiration (artistes, cinéma, livres..) ?

J’écoute beaucoup de jazz de base, le groove il vient de là ou de la funk. Sinon j’écoute énormément d’electronica et de micro. J’écoute aussi de la house, mais mes goûts dans ce genre ont changés au fur et à mesure que j’écoute de la micro et de l’électronica.

Si tu devais citer un artiste comme ça vite-fait pour voir ce que tu écoutes en ce moment ? 

Binh, Space Trouble, Malin Génie.. euuuuuh …  il y en a tellement ! Tout ce qui est bon, est bon à prendre..

Quel est ton processus créatif, c’est instinctif ?  

Ouais c’est hyper instinctif, je me pose et je fais du son. Dès que je commence à ne plus être instinctif c’est là que je produis des trucs que je n’aime pas, genre les tracks que je préfère c’est celles que j’ai faites en peu de temps.

Tu as un rythme de production assez énorme, c’est quelque chose que tu t’imposes ? 

Dès que je suis chez moi je fais de la musique, je ne fais rien d’autre : je regarde pas de film ou de série. J’adore faire ça et j’essaie de changer au maximum mon live à chaque fois, c’est utile pour se renouveler ou même pour des sorties. Donc ouais c’est normal, ce n’est pas quelque chose que je m’impose.

T’as un côté perfectionniste? 

Ah ouais grave, je suis hyper perfectionniste, mais bon après c’est comme tous les artistes, ou comme tout le monde, on est tous un peu dur avec soi-même. Mais bon il faut savoir être souple, tout en ayant un truc qui nous plaît à 100%. En fait je suis perfectionniste au niveau du feeling, pas envers la production en tant que telle tu vois, je peux finir une track : si je ne la kiffe pas ça me soule et elle ne sortira pas.

Si je te dis Weather Winter ? 

C’était cool de ouf, après je préfère quand même jouer dans des endroits intimistes, mais au niveau de la visibilité c’était génial. Je suis ravie que Concrète m’ait filé cette opportunité et qu’ils aient eu confiance. J’ai joué qu’une fois à Concrète et je me retrouve direct au Weather donc c’est cool tu vois.

Et sinon Laurent Garnier qui vient pour te filmer ça t’inspire quoi ? 

C’est une reconnaissance de fou, mais je ne suis pas du tout idéaliste envers les grands ; je ne compare personne à tel ou tel artiste. Parfois on associe trop la musique à la personne, c’est que de la musique c’est pas du personnage ou quoique ce soit. Justement on va en club pour se perdre/se retrouver avec soi-même et pas pour se faire voir. Alors ok, Laurent Garnier c’est un gros gars, il a fait des choses énormes mais je ne prends pas en compte sa personne, juste sa musique.

Mais ouais grosse reconnaissance quand même !

Sinon, quel est ton but quand tu produis : faire danser les gens avant tout ou te faire plaisir ?

Me faire plaiz’ ! Mais il y a beaucoup de gens qui disent qu’on fait de la musique que pour soi, je trouve ça faux, le but c’est d’être objectif et d’avoir un peu l’oreille du public en même temps, sans se focaliser dessus. Il faut savoir doser quoi, sinon tu perds l’innocence que t’as à la base de la production. J’essaie quand même de faire en sorte que ce soit dance, j’aime les choses qui sont super groove et dance. Je pense aussi un peu au public et à ce qui se fait en ce moment tout en conservant ce qui me plaît. Il faut s’adapter mais pas trop …

Niveau machine tu as quoi ?

Alors, en live j’ai une MPC100, une TR-8, un SP-404SX , un mixer, Ableton et deux contrôleurs.

Et là si tu dois rajouter une machine pour ton live ?

La MFB Tanzbär que j’ai chez moi, je suis en train de refaire tout un live en ce moment, justement avec cette machine.

Si tu devais monter un live avec un autre artiste ?

J’ai rencontré des mecs à Lyon, vu que j’habite là-bas maintenant, qui s’appellent Loop Exposure et qui sont trop fort. On fait souvent du son chez moi, et franchement c’est des gars avec qui je me verrais bien faire un live.

Un endroit où t’aimerais jouer, genre un endroit atypique, un kiff ultime comme une plage, une forêt, l’espace … ?

Franchement avant mon kiff ultime c’était Concrète mais du coup j’y ai déjà joué, je vais y rejouer bientôt donc bon au final… Je suis grave attacher à la France et au clubbing français car ça se vaut clairement. Je m’en fous un peu de l’endroit… j’aime bien les lieux intimistes ça c’est clair, avec une ambiance propre à elle-même tout au long de la soirée. Donc pour le paysage ça restera un club, dans tous les cas un club même les petits clubs hein, Robert Johnson par exemple c’est un club de fou à Francfort : un petit club certes mais c’est de la bombe  !

Tu te souviens de ta première expérience de club ? 

À Nice on dansait à mort, mais la première fois que je suis monter à Paris pour faire la fête je suis allé à Berlinons Paris, Concrète et tout. Et là je me suis dit, putain, ça existe vraiment des endroits comme ça, où il y a la teuf de fou et c’est légal (rires) !

Tu viens de Nice, là-bas y’a des spots pour les amoureux de musique électronique ?

Il y a seulement un club, le Kwartz qui a une super bonne prog’,  mais le spot est pas vraiment cool.. On est tous serrés quand on rentre à masse de monde. Mais sinon on a un soundsystem et on pose du son en pleine ville.
En fait il y a un phare qui est un peu excentré de la ville, tout en restant très proche du centre et on pose tranquille notre son, et on fait des lives toute la nuit devant 200 personnes à peu près. Genre mini teuf en pleine ville, parfois les flics se ramènent mais c’est marrant ça fait partie de l’ambiance. On passe de la grosse micro, grosse break… c’est vraiment cool !

C’est quoi tes projets pour 2017 ?

Des sorties, des bonnes sorties même, mais je ne peux pas en parler, bon label. Nouveau live et des bonnes dates !

Sweely en live à l’IBOAT

🌈 sweely

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