Worst Records, dont on a déjà parlé à l’occasion du Ten Essentials de A Strange Wedding, a récemment annoncé sa deuxième sortie avec le producteur stéphanois Jacques Satre. À travers un voyage hallucinogène dans des tréfonds méconnus, Jacques Satre délivre une techno downtempo à la fois emprunte de béton grisâtre et de touches de couleurs acides. Axés sur des basslines puissantes et saisissantes, les trois pistes s’engagent dans des chemins distordus et enchanteurs.

La photo utilisée pour l’image de couverture a été prise par © Raphael Delorme Duc

Jacques Satre - Anatole Trance EP Cover

Artwork by Lilas Cognet & Yann Damezin

De prime abord, il est difficile de passer à côté de l’artwork de la pochette réalisé par Lilas Cognet et Yann Damezin : une acidité pop et hallucinogène où s’entremêlent des silhouettes et des rêveries étranges. L’entrée en matière est là, et « Joe Ging » qui ouvre l’EP vient valider toutes ces attentes.

Interview de Jacques Satre

Qui se cache derrière Jacques Satre ?

Jacques Satre car c’est mon vrai nom et prénom . Je suis un DJ producteur stéphanois de 23 ans membre de Positive Education depuis a peu près 5 ans . J’ai débuté la musique à 9 ans par la batterie et ensuite la guitare , n’ayant pas de groupe je me suis vite tourné vers l’ordinateur tout en continuant ma formation classique . C’est en sortant de mon village que j’ai commencé a m’intéresser aux platines (et arrêter le reste) avec quelques amis stéphanois . J’ai ensuite rencontré la team Positive Education, et c’est là que j’ai choisi de rester jusqu’à présent car dès la première soirée j’ai su que c’était là où je devais être.

Qui ou qu’est ce qui t’inspire le plus en ce moment ?

Cela dépend des jours , de la météo et d’avec qui je suis. J’aime pas mal de choses mais je pourrais dire que la musique lente est quand même ce que je préfère en ce moment (70 à 120 bpm). Après que ce soit techno, trance, new beat, house, funk, world music, bass music, j’essaye de varier les styles un maximum tout en restant fidèle à mes goûts .

Est-ce que tu as une méthode particulière pour produire ?

Je crée une base (drums, bass, synthé) que je vais faire évoluer comme un track normal, avec quelques coupures , drop tout ce qu’on peut trouver habituellement. Ensuite je remplis les trous avec des éléments divers et variés ce qui permet au morceau d’avancer et de rester surprenant dans la longueur. Ça ne marche pas toujours mais c’est comme ça que je fais en ce moment. Je pense aussi que pour progresser il faut toujours tester des choses donc je ne fais pas toujours comme ça. Je fais aussi beaucoup de son avec mes amis ce qui m’aide a sortir de ma vibe. cc Farkoner !

Plutôt Ableton ou machines ?

Aucun des deux Fl Studio sur ordinateur.

Musicalement tu viens d’où ?

Alors de base j’écoutais tout un tas de choses variées que me faisait écouter mes parents, mais ma préférence a longtemps été la funk. Après j’ai toujours écouté de la musique électronique mais je manquais de sources pour savoir réellement ce que j’aimais .

Le b2b idéal ?

J’aime mixer avec tous mes amis proches mais petit chantier avec Adrien (A Strange Wedding).

Comment composes-tu tes mixes ?

Je fais des dossier de musique par bpm et par ambiance lorsque je cherche de la musique. Tout est trié donc, lorsque je prépare mon set je n’ai plus qu’a sélectionner mes tracks préférés du moment. Pour les sets plus longs je fais des dossiers par vibe…

À quoi fais-tu particulièrement attention en DJ set ?

À l’énergie des gens, à la cohérence des morceaux entre eux, passer des morceaux variés sans que ce soit n’importe quoi ! Le calage est toujours un plus même si ce n’est pas toujours nécessaire comme dans les podcast radio ou certains styles de mix en club ou ailleurs (backspin, selecta etc ).