Conçu et pensé comme un événement à taille humaine, le festival AHOY se voulait intime et convivial. Première chose que l’on remarque en arrivant, c’est qu’on se pense dans un petit village musical. Avec deux allées dessinées par les structures de stands dès l’entrée du festival, l’atmosphère chaleureuse se faisait déjà sentir. Il faisait bon de flâner entre les exposants où l’on pouvait retrouver vêtements (avec Black Mamba notamment), ateliers, disquaire, galerie Waterproof (avec les jolis cadres de Jordi Adoue), restauration et diverses animations (comme les dessins rigolo d’Harry Cature par exemple).

Village Festival AHOY

Live report du festival AHOY

Jour 1 – Mise à l’eau

Le festival AHOY a démarré sur une note ensoleillée avec le groupe The Buttertones. Les jeunes musiciens ont assuré la mise à l’eau avec brio en jouant sur la scène extérieure, plaçant le public face au bassin à flot n°1. Paraissant très jeunes, les mecs assurent pourtant comme des pros, et ont véritablement séduit les festivaliers déjà présents. Avec un rock oscillant entre garage et surf, avec des influences aussi américaines qu’anglaises (on a parfois pensé aux Arctic Monkeys ou aux Babyshambles), ils ont fait résonner les guitares et leurs voix sur la dalle du Pertuis.

The Buttertones Festival AHOY

Enchaînant ensuite, c’est le trio très punk The Oblivians qui a pris le relais sous le chapiteau. Puissant, intense, leur concert détonne et provoque vraiment quelque chose de fort. Attentifs, nous écoutons les deux premiers morceaux, mais nous trépignions d’impatience à l’idée de visiter le village tout entier. Nous avons choisi ce moment pour le faire, et nous partons en quête de nouveautés et de découvertes.

Black Mamba Festival AHOY

Remontant par l’allée qui donne sur l’entrée, nous voyons la friperie ambulante Black Mamba. Nous nous arrêtons pour dire bonjour et chiner quelques pièces vintage. Juste à côté, c’est Munchies qui propose un stand de street food vegan.

À cet instant, nous nous rappelons alors qu’il y a la galerie Waterproof où notre résident photographe et graphiste Jordi Adoue expose des clichés d’architecture. La jeune artiste bordelaise MLN est présente, à côté de Jordi. Il y a également les peintures pop et acidulées d’Agathe Auriffeille à côté des magnifiques photographies de paysage d’Alex Peneau. Les caricatures loufoques d’Harry Cature s’alignent près des sérigraphies en noir et blanc de Tortuga. Enfin, les photos de fesses de Pauline Roquefeuil terminent le tableau. La galerie dégage un ensemble harmonieux et semble être un endroit où l’on prend son temps. On s’arrête et on laisse aller un instant dans l’art de jeunes artistes bordelais.

Le concert de The Oblivians vient de se terminer et c’est désormais au tour de 10LEC6, la dernière révélation Ed Banger, de prendre place sur la scène au bord de l’eau. Nous arrêtons de flâner, et nous filons pas loin de la scène, au bar, histoire de prendre des forces. Il s’agit tout de même de faire attention, histoire de pouvoir vous raconter la suite – on a beaucoup pensé à vous pendant le festival !

10LEC6 Festival AHOY

Ça y est, 10LEC6 monte sur scène, et ça n’a pas l’air de rigoler. C’est intense et incisif, les basses résonnent et la voix enchanteresse de la chanteuse passionne. Pris de transports, le public se laisse aller et danse. Véritable show-woman, Nicole, la chanteuse, invite d’abord un gars sur scène à s’asseoir sur le canapé situé sur scène, derrière le groupe, où un gars boit déjà sa bière en toute détente depuis le début de la prestation. Tranquille. Scénographie, ambiance et rythme démoniaque, tout est présent pour un cocktail explosif. La chanteuse invite ensuite Margaux, à qui on fait sans hésitation un énorme big up pour le grain de folie apporté et cette danse endiablée sur scène ! Le concert se déroule, le rythme s’accélère et les percussions, noyau dur du projet, s’emballent et transcendent alors que la nuit est presque tombée.

Il est temps pour nous d’aller chercher à manger, et donc de faire un tour du côté des food trucks. Cette journée découverte nous plait ! Nous ne savons pas trop encore où donner de la tête. Nous voyons le stand de La Cantine de l’IBOAT, valeur sûre que nous ne connaissons que trop bien. Il y a aussi El Taco Del Diablo, que nous avions testé l’an passé à Hors BordBag’In Bagels est également là. Une nouveauté pour nous, Yedi Pepe, que nous nous empressons de tester, et c’est un délice. L’avenir ne nous l’avait pas encore dit, mais nous y reviendrons tous les jours ! So « À taaable », avant qu’Otzeki ne démarre leur show spectaculaire.

La musique démarre, et la pop anglaise d’Otzeki résonne sous le beau chapiteau bleu. Le public semble uni, et c’est une chose assez agréable à voir, c’est l’osmose. Le festival AHOY tient ses promesses de musique de plaisance. Le public le ressent. Les bonnes ondes d’Otzeki clôturent à merveille cette mise à l’eau, laissant un souvenir doux, précieux et tendre.

Otzeki Festival AHOY

Pour nous ce soir, pas de Base sous-marine, ni de club. Nous rentrons sagement car demain nous avons bien envie d’enchaîner les deux !

Jour 2 – Acmée

Nous arrivons dès l’ouverture du festival AHOY afin de ne rien rater de cette magnifique journée ensoleillée. Chapeau vissé sur la tête, lunettes de soleil et bouteille d’eau en main, nous sommes prêts. Petit Vodo est sur scène, seul avec ses instruments. Il balance ses morceaux avec une aisance déconcertante sous le chapiteau. Nous nous promenons sur le site, bercés par la musique.

 

OMNI prend le relais sur la scène au bord de l’eau, et c’est une pop rock vive que l’on entend alors. Totalement à point pour le moment, avec la chaleur et le beau temps, le public se masse petit à petit devant la scène, tantôt assis, tantôt debout. L’idée de boire une bière sur la plage de l’IBOAT, à l’ombre de la pergola, nous saisit. Nous allons donc nous installer confortablement dans les chaises longues, et nous nous posons tranquillement. Un sentiment nous étreint, on se dit que c’est aussi ça, le festival AHOY. Un instant de liberté de chacun, jamais vraiment loin de la musique.

Ambiance Festival AHOY

Pour cette journée, nous avons décalé sur le second site. Où on y trouve la scène BUS et le petit village à l’ombre de la Base. Nous arrivons lorsque joue encore Canal 113, crew bordelais à la house underground. Le public est présent, les pieds dans l’herbe, une bière ou une glace à la main. C’est un endroit où la farniente semble régner. Certains dansent, d’autres se reposent, d’ailleurs on en soupçonne même d’avoir fait la sieste.

OMNI Festival AHOY

AK/DK doit démarrer prochainement leur live, et nous ne voulions pas rater ce duo de batterie aux confluences de l’électronique. C’est apparemment impressionnant, alors nous nous pressons. Sur la scène au bord de l’eau, encore, nous arrivons à temps. Nous reconnaissons le titre Battersea, entre autres, et c’est effectivement sacrément impressionnant à voir ! Une énergie se dégage des deux batteurs en symbiose. Ça nous prend aux tripes, et nous nous mouvons en rythme : il y a quelque chose de presque mystique, de l’ordre de la transe.

Scène Bus Festival AHOY

Les potes de Super Daronne sont censés jouer sur la scène BUS prochainement, et le concert vient de se finir, alors on y retourne. Effectivement, nous voyons les quatre DJs à l’étage du bus, derrière les platines. Nous décidons de marquer un temps d’arrêt sur ce site, dans l’herbe. Des amis nous ont rejoint, on tire une toile et on s’assoit tranquillement. Un peu à l’ombre et au frais, on peut dire que ça fait du bien de se détendre et de se poser. On commande à boire, on danse un peu, on s’allonge, et on retrouve l’esprit du festival AHOY. Musique de plaisance, convivialité, beaucoup de joie. Ah oui ! Avant de repartir, on effectue un petit arrêt chez Folk Kitchen, histoire de se rassasier.

Malheureusement nous manquons Tristesse Contemporaine, mais il a fallu faire des choix. Nous revenons à temps sur le site principal pour voir l’eletronica planante de LAAKE. C’est envoûtant, c’est net et profond. Il faut le dire, on oscille entre Nils Frahm et Nicolas Jaar histoire de planter le décor. Mais cette alliance des deux donne quelque chose d’unique. C’est pas loin d’être sentimentale cette affaire, en tout cas c’est intime et introspectif. Chacun est dans son monde, dans une bulle à part et atmosphérique. C’est beau, tout simplement. Le final, en apothéose avec des sons issus de la scène trance et au BPM tout aussi élevé, a clairement marqué les esprits. Chapeau bas l’artiste !

LAAKE Festival AHOY

Le dernier concert de cette journée est signé Nadia Rose. Révélation rap issue de la scène anglaise aux accents de grime assumés, le show est complet. La rappeuse envoie, danse, et chante à merveille. Les productions derrières balancent à fond parce que le groove est bien là. Le public, conquis, a même son moment de gloire sur scène. À noter, le flash mob par Cream Lab et Cie Revo avec leur belle chorégraphie !

Nadia Rose Festival AHOY

Un peu avant la fin du concert, nous partons  en direction de la Base sous-marine pour la suite nocture du festival AHOY.

Nuit – Kerri Chandler & l’IBOAT

C’est parti, nous contournons le bassin à flot n°2 dans le but d’arriver à l’entrée principale de la Base. Nouvelle salle à exploiter, et déjà une queue impressionnante. Nous savons que Kerri Chandler joue à partir de 23H30, il est à peine minuit, nous sommes dans les temps. La queue avance vite, à notre grande surprise. Après avoir passé l’entrée, nous arrivons dans cette nouvelle salle.

Base sous marine Festival AHOY

Les jeux de lumières sont exceptionnels, mais une chaleur écrasante nous saisit directement. Il y a déjà beaucoup de monde sur place, le bar est plein à craquer, les gens dansent à fond et semblent vivre une expérience intense. Nous tentons une approche pour une pinte bien fraiche, et finissons à grand peine par l’avoir. Le temps de la boire (on a fait vite), nous supportons la chaleur (on remercie d’ailleurs grandement l’éventail des glaces Poptails by Lapp !), et nous décidons de partir plus tôt que prévu en direction de l’IBOAT où il fera moins chaud d’une part, mais surtout parce que c’est la programmation qui nous plait le plus ce soir.

Kerri Chandler Festival AHOY

Direction l’IBOAT, il y a aussi un peu de queue, mais ça va tout aussi vite qu’à la Base, et on apprécie. Jann est en train de jouer dans la cale. Nous avons manqué le live de Basses Terres mais il nous reste le live de Gesloten Cirkel ! En suivant, il y aura aussi le DJ set de Privacy, que nous ne voulions absolument pas manquer.

3h du matin, Gesloten Cirkel débarque derrière ses machines et commence à envoyer son acid techno. Précise, fine et enivrante, l’acide de Gesloten Cirkel est pas loin d’être chirurgicale, elle touche les points sensibles et fonctionne à merveille. Le temps passe vite, le public semble conquis et la main passe à Privacy. Le jeune DJ berlinois envoie une techno breakée, tantôt acidulée, tantôt electro, et transcende ce closing.
Avant son arrivé, nous hésitions à rentrer après quelques morceaux, mais nous voilà partis jusqu’à 5h30 du matin !
5h30 : moment fatidique où la fatigue aura eu raison de nous.

C’est avec des étoiles plein les yeux que nous rentrons dormir. Impatients d’être dimanche, nous claquons un énorme gros dodo !

Jour 3 – Toute bonne chose à une fin

Le Réveil encore tout émerveillé de la veille, et avec l’impatience d’un gamin le jour de Noël à l’idée de cette journée. On sait qu’on va voir Cosmosonic, VedeTT, Egopusher et JB Dunckel (la moitié de AIR). On se prépare tranquillement, on déjeune et on file direction la dalle du Pertuis vers 16h. En arrivant au festival AHOY, nous apprenons que BC Camplight a été annulé, et que c’est Cosmosonic que nous verrons en premier.

Cosmosonic Festival AHOY

Le duo est intensif, habillé de la même manière. Entre electro, disco et pop, leur style est inqualifiable, incroyablement prenant et groovy. Les textes restent en tête, les mélodies te saisissent et ne te lâchent pas d’un instant. La chanteuse parle un français impeccable, et nous raconte des histoires. Au final, elle finit par se joindre à nous, dans la fosse, en chantant et en dansant comme si nos vies en dépendaient. C’était un véritable moment d’échange et de partage.

Ambiance Cosmosonic Festival AHOY

Entre temps, nous filons au bar prendre un verre, et nous décidons de nous asseoir sur les tables où l’on déjeune, juste devant le chapiteau. Des amis débarquent, la tablée s’agrandit et, bercés par le rock psychédélique de VedeTT, nous passons un moment incroyable. Nous chantonnons, nous nous levons parfois, nous dansons, nous discutons, et ne voyons surtout pas le temps passer. Avec un blues de fin de festival et de dimanche, nous ne voulons pas perdre un instant de ce moment magique. Le Festival AHOY a échappé à la pluie, il fait même beau, c’est alors un moment suspendu pour nous.

VedeTT Festival AHOY

C’est alors qu’Egopusher prend place et délivre une performance exceptionnelle. Entre musique rock et électronique, le violon donne une dimension formidable à l’ensemble. Jouant avec les sonorités et les temps, les breaks et les envolées lyriques, nous prenons une immense claque.

Egopusher Festival AHOY

C’est alors au tour de JB Dunckel de clore ce chapitre idyllique, et cette utopie passagère qu’a été le festival AHOY durant trois jours.

Cloture Festival AHOY JB Dunckel

La beauté des morceaux, des synthétiseurs maitrisés à la perfection, de la voix et de l’ambiance de l’instant nous donnent le sentiment d’une dernière étreinte. Ainsi la musique semble nous dire que cet adieu n’est qu’un au revoir. L’album H+ est joué. Nous avons même des titres iconiques tels que Playground Love issu de la BO de The Virgin Suicides. Avec la nuit tombant petit à petit, les lumières de la scène comme seul guide visuel, et la musique de Dunckel comme seul repère auditif, cet instant est devenu une parenthèse poétique.

JB Dunckel clôture Festival AHOY

JB Dunckel Festival AHOY

Merci au festival AHOY, merci aux exposants, merci à l’association Trafic et l’IBOAT,
et surtout merci à Jordi Adoue pour ces superbes photos.