On nous avait prévenu, le Baleapop n’est pas un festival comme les autres. La première chose que l’on constate, avant même d’y avoir mis les pieds, c’est l’angle de communication que les organisateurs ont choisi, ambiance sabotage. Mais pourquoi ? Il semblerait qu’après l’ampleur qu’ont prises les éditions précédentes, l’encensement général autour de ce festival d’art contemporain et de musique, l’envie de rester confidentiel a pris le dessus pour ce neuvième temps. De notre côté, nous n’avons pas pris de note sur place pour ce live report, et nous allons tenter de raconter l’expérience telle que nous l’avons vécue, tranquillement.

Comm Baleapop 9

Arrivés au parc, l’accueil du Baleapop est souriant et chaleureux, l’écocup à l’effigie de l’édition est offert, sans consigne, et on nous donne également un cendrier de poche. Au Baleapop, tout le monde met le cœur à l’ouvrage pour participer à l’éco-responsabilité. D’ailleurs, la guerre est lancée contre les mégots via une campagne d’affichage détonnante : « Et mon mégot ? Dans ton cul » ou encore « Ton mégot par terre, ma main dans ta gueule ». Simple et efficace.

Comm éco responsable © Laurence Revol

© Laurence Revol

Nous arrivons tranquillement tandis que Dis/Maze joue sur la scène du bas. Nous allons nous assoir dans l’herbe près d’une petite jachère de fleurs. Le soleil a finalement pointé le bout de son nez au-dessus du Baleapop, contrairement aux prévisions d’Évelyne Dhéliat la veille, et nous avons découvert le cidre basque. Et puis nous l’avons approuvé. Pour être sûrs nous l’avons re-goûté, ça n’a pas changé. Après ces quelques verres, le live se termine et nous montons sur la scène du haut.

Melenas a déjà démarré son concert lorsque nous trouvons notre poste de postiche. Calés, à moitié allongés dans l’herbe fraiche, nous faisons la découverte de ce groupe exclusivement féminin. Dans une veine garage rock, Melenas chante dans la langue du pays. À la fin des chansons, un milesker se fait entendre. Nos ventres démarrent quelques vocalises, et l’envie de se rassasier se fait sentir. Direction le bar, où un coin restauration nous attend les bras ouvert. Grilled Brebis Xingar en main, pour 2 bitziks (soit l’équivalent de 5€). Copieux, nous nous en sommes mis partout mais nous nous sommes surtout régalé.

Bruxas Baleapop © Laurence Revol

© Laurence Revol

Qui dit repu, dit sieste. Avant que l’herbe ne soit trop fraiche ou humide, nous trouvons un coin tranquille, sur une petite dune non loin de la scène « mini club ». Nous entendions également la scène basse, où Bruxas démarrait son live. En fermant les yeux, nous pouvions nous concentrer sur les douces percussions du groupe. En se laissant un peu aller, le sommeil était à deux doigts de se trouver. Bercés, enivrés, pause ésotérique en parallèle du Baleapop. Nous finissons par nous relever. La gorge sèche, l’appel d’un verre de cidre se fait sentir. Direction le bar, commande, et nous voilà devant le live des 3 musiciens où sonorités exotiques et relents de pool party se faisaient sentir. C’est propre, les gens dansent et je dois vous confier que j’ai amplement préféré leur live à leurs productions. Beaucoup plus séduisant.

Avec la scène « mini club », le Baleapop est encore plus éclectique. Nos compères bordelais Superlate et Theorama s’occupaient de nous de 21H30 à 00H30. Démarrant sur les chapeaux de roues avec des tracks sombres et downtempo, des envolées sibyllines aux notes saturniennes ainsi que des sonorités électroniques et obscures, le public finit par s’y prendre, et se perdre dans une vibe particulière. Une communion se crée, une messe noire se célèbre.

Theorama Baleapop © Laurence Revol

© Laurence Revol

Nous surveillons l’heure, assis sur le mur de pierre au-dessus de la fosse enchantée, toujours avec les deux DJ’s de tplt. Soichi Terada est censé démarrer, et n’ayant jamais vu l’artiste en live, nous nous devions d’y assister au moins un peu. Encensé par la critique, nous avions hâte de découvrir ses titres les plus connus en direct. Véritable, showman, un tantinet illuminé mais communiquant une énergie positive, Soichi Terada délivre une performance en demie-teinte. La partie live semble être plutôt burlesque, tandis que les titres connus s’enchainent et ont l’air de fonctionner sur le public. Sur notre faim, nous décidons de retourner à la scène « mini club » pour danser sans arrêt.

Retour à la scène « mini club » où la température et les BPM semblent monter petit à petit. Les deux compères dansent synchrones, et leur selecta fait le taff. Nous patientons une bière à la main en dansant au fond de la fosse en attendant que Don’t DJ démarre son live.

C’est chose faite (oui le temps passe plus vite via la lecture, nous vous évitons les banalités dont nous avons discuter ainsi que le nombre de verres bus), et nous décalons voir Florian Meyer, qui se présente comme un artiste conceptuel polymorphe basé à Berlin. Une rythmique simple et atmosphérique se met en place, et petit à petit une vibe mécanique s’empare des gens. C’est quelque chose de tribal, où la place du corps face à la musique est importante. Minimaliste, quasi interstellaire, nous repensons à son album ‘Musique Acéphale’, autrement dit sans-tête, et donc purement inscrite dans la chair. Les touches organiques qu’il ajoute petit à petit semblent empruntes du parc. C’est assez intense.

OKO DJ Serendip Fest

OKO DJ est l’instigatrice de la clôture de ce samedi. Nous débarquons juste après la fermeture de la scène « mini club » où Superlate et Theoarama terminaient de hacher les derniers joueurs, et nous arrivons face à l’activiste du label Brothers From Different Mothers. DJ set à l’image de sa réputation, exemplaire dans la sélection, prêchant le chaud et le froid tandis que les époques et les genres défilent sans prévenir. Le set, à la fois hypnotique et ancré dans l’instant, nous enchante avec des tours de manche ensorcelants. Nous reconnaissons là la patte de celle qui co-anime Synchronisme ou Barbarie sur l’antenne parisienne de LYL Radio avec son collectif Bruits de la Passion. Vous pouviez essayer de shazamer, peu de résultats se sont affichés !