Le 22 février, Maison Close a ouvert ses portes sur son univers intime avec un Various Artists détonnant où se croisent tour à tour jeune talent local et pointure reconnue. Projet mené de front par Lorenzo Lacchesi et Jakob Saulière, il s’agit de promouvoir la musique techno, de l’EBM à l’acid, à travers une influence importante de l’empreinte rave. Cette première compilation est l’aboutissement de plusieurs mois de travail, et les retours sont  plus que prometteurs. On a décidé d’en savoir un peu plus, et avons donné la parole aux deux fondateurs du label.

Maison Close Records - VA I

Interview de Maison Close :

Salut, d’abord merci pour votre temps. Le lancement et la release se sont déroulés vendredi 22 février, comment vous sentez-vous désormais ?

Maison Close : Un mélange entre satisfaction et fierté.
Notre projet a été bien reçu par le public et les a intrigué dès l’annonce de lancement. Nous sommes également très fiers de l’implication de chaque artiste au sein du projet. En effet, tous ont accepté de jouer le jeu même lorsque le label n’était encore qu’une idée.

Encore un fois, nous tenons à les remercier pour le soutien et leur investissement.

Malgré les bon retours, nous ne sommes qu’au début de l’aventure il nous reste encore beaucoup de challenges. Le premier est notre release party qui se déroulera le 4 avril aux NF-34. On a vraiment hâte. Mais le plus grand défi est de faire durer et grandir Maison Close en restant attaché à nos valeurs !

On ne rend pas toujours bien compte, mais quels sont les risques derrière un label ? À quoi s’engage-t-on lorsqu’on se lance dans cette entreprise ?

Maison Close : Fonder un label n’est pas un projet anodin. Il faut considérer dès le lancement que ce projet ne sera réellement rentable qu’à moyen terme. Par conséquent, cela demande un investissement au départ afin de proposer des releases de qualité qui viendront fidéliser notre public.

Nous nous devons de proposer continuellement des releases de plus en plus en qualitatives afin de continuer à faire grandir le projet. Voilà à quoi nous nous engageons.

Avez-vous pour projet de réaliser des sorties physiques à l’avenir ?

Maison Close : Au-delà d’être un support de création, le label a aussi un devoir d’héritage. Le support physique est, en effet, le meilleur moyen d’imprimer sa marque en tant qu’artiste et label dans le temps. Pouvoir tenir dans les mains le fruit de cette création reste indispensable et inestimable. Donc nous tenons, chez Maison Close, à proposer rapidement des releases physiques.

Mais comme énoncé précédemment il faut attendre d’être économiquement viable. Par ailleurs, il faut trouver le bon distributeur et être artistiquement certain de ce que l’on propose.

En tant qu’ancien label manager (Lorenzo) qui a beaucoup pressé (6 EP en vinyle chez Péché Mignon Records) je sais que je me suis parfois précipité en pressant les mauvais EP, ce qui a porté préjudice aux EPs suivants, qui méritaient une meilleure visibilité.

Comment avez-vous décidé quels artistes allaient signer sur le premier Various ?

Maison Close : À notre époque, la production musicale est accessible à tous, et chaque jour il y a de plus en plus de « bedrooms producers » talentueux qui voient le jour. Cependant le monde musical manque cruellement de plateformes à l’écoute de ces jeunes producteurs, que la scène considère comme inexpérimentés car dans l’ombre des producteurs extrêmement prolifiques joués chaque week-end. De plus les Majors ont un calendrier plein jusqu’en 2021.

Force est de constater que notre capitale (et le reste de la France par ailleurs) regorge de nouveau talents et que le rayonnement de cette scène montante à l’international prend de plus en plus d’ampleur.

Nous travaillons quotidiennement avec des artistes issus de ce même milieu.

Ce projet se veut aussi d’être celui de cette scène florissante en étant un moyen de promotion majeur de celle-ci. Par conséquent, le choix des artistes s’est fait assez naturellement, c’est un mélange entre des membres de Raise Booking : Soul Edifice, Kuss, Lacchesi, Darzack et des producteurs dont on appréciait le travail : DJ Varsovie, Illnurse, Jeånne, Mind/Matter.

Comment s’est passée la rencontre avec ORTHODOX ? À quels choix avez-vous été confronté lors de la direction artistique du premier Various ?

ORTHODOX : J’ai fait face à une grande diversité musicale. En effet, le VA comprend 7 tracks de 8 artistes aux univers très singuliers. En opposition à cette diversité j’ai fait le choix de lier tous les clips en créant un univers commun : celui de Maison Close.

Ce qui caractérise la charte graphique est le noir, le gris et bien sûr le rouge ainsi que des textures reflétantes sur les peaux.

Comme rappelé précédemment il était très important de marquer le VA de l’identité forte du label.

Pourquoi avoir voulu que chaque clip tourne autour du monde animal ?

ORTHODOX : A l’origine, je souhaitais que les clip se suivent afin de raconter une histoire.

Que celle-ci débute avec DJ Varsovie pour se finir avec Jeånne, en passant par chaque artiste présent sur le VA, car, selon moi, chaque track se devait d’être agrémenté d’un clip.

L’idée était ambitieuse, Lorenzo et Jakob y ont tout de suite adhéré, mais j’ai vite fait face à une limite en terme de contenus visuels et j’avais peur de me répéter. J’ai donc naturellement opté pour l’univers du royaume animal, car cela me permettait d’assigner un animal à chaque artiste et cela correspondait parfaitement à la charte graphique du VA.

Certes je ne racontais plus une histoire mais un fil rouge liait chaque clip et l’identité visuelle du label en était renforcée.

Assigner un animal à chaque artiste se devait d’être cohérent donc je me suis dirigé vers des animaux nocturnes et agressifs. Ce qui a bien marché car cela me permettait d’inclure la personnalité et l’identité musicale de l’artiste à celle du label.

Quels sont les prochains objectifs ?

Maison Close : Plus de releases.
Une production évènementielle qualitative ayant une identité forte correspondant à l’image du label.

Un reconnaissance du projet à l’international.

Dans quelle mesure pensez-vous que mêler l’art (notamment visuel) et la musique est-il devenu nécessaire aujourd’hui ?

Maison Close : À notre époque, le cerveau est en permanence stimulé que le mélange de musique et vidéo est devenue la norme de consommation.

Il faut donc adapter la création à la demande et c’est une aubaine, car les arts visuels et la musique sont pour nous intimement liés et c’est grandiose de voir l’attrait grandissant du public pour les arts visuels et le VJing.