Jeune producteur de Rennes, Mimmo est un artiste qui vient de la scène techno qui cogne, qui frappe. Je l’ai découvert il y a un moment grâce à Blurred Boy et leur label Nocturnal Frequencies. Sa musique se caractérise par une dimension épique, des breaks mémorables et une voix qui, régulièrement, vient d’outre-tombe. 

Petite parenthèse publicitaire : nous avons longuement échangé durant le confinement et ensemble, nous allons sortir un split-LP chez Ritmo Fatale avec trois tracks en collaboration, deux balles de Mimmo et deux tracks de ma part. 

Il nous présente les dix sorties qui, cette année, ont marqué son esprit.

La photo est de © Laura Parize, juin 2019.

Mimmo présente son Ten Essentials de 2020

Eloim – The future is our 

Pour l’ambiance digne d’une bande son de Vangelis. Pour ces synthés regorgeant d’émotions, avec ce mélange contradictoire de tristesse et d’espoir. C’est le morceau d’ouverture du premier album d’Eloim sur Nocturnal Frequencies – label qu’on a créé avec Pierre aka Blurred Boy. 

Nils Frahm – All Melody

 Il existe un certain nombre de versions de ce morceau. Celle-ci vient de paraitre dans le cadre de la sortie d’un album live. C’est une montée en puissance, extatique assez exceptionnelle qui se développe à travers différentes sonorités et qui finit par des choeurs synthétiques. Je crois que c’est un des morceaux et un des artistes les plus incroyables que j’ai pu écouter dans ma vie. À voir en concert absolument. 

Hante. – Serre moi encore (Hord Remix)

Chez Hante. il y a un côté très dramatique, expressionniste, c’est limite shakespearien. Hante. comme Hørd développent une coldwave très synthétique avec un traitement de voix important et puis ça chante en français, je trouve que c’est encore trop peu fait en musique électronique.

L.F.T. – Die Geldmaschine

Dès le premier morceau que j’ai pu écouter de L.F.T, j’ai collé direct : It’s Alive – morceau en deux parties, une vraie balle. Il a sorti un album cette année sur le label d’Elena Colombi, très simple, très juste, très efficace.

Liturgy and LEYA – Antigone

Pour l’énergie salvatrice que libère l’explosion du morceau après ce moment de harpe et de chant hyper calme. Et puis ça crie, c’est cool.

Fontaines D.C – A Heroe’s Death

 Juste émouvant, prenant, mélancolique voire désespéré et teinté de l’accent du chanteur qui me rappelle l’accent des Shelby dans Peaky Blinders. Je ne sais pas si c’est le même, mais cet accent, je crois, n’y est pas pour rien dans la beauté de leur musique. 

Saaad & Siavash Amini -Dragging the harrow

Morceau avec une légère touche épique, qui monte et redescend comme un sentiment qui nous traverse puis nous quitte tranquillement. 

Buzz Kull  : Destination

Il fallait absolument que je mette du Buzz Kull, découvert grâce aux potes de Carbone lors de la fête de la musique en 2019 à Nantes. Incroyable en live, une voix très grave transportée par des ambiances synthétiques bien sombres. Ce son sorti initialement en 2018, est ressorti cette année dans une compil’ du label Avant!

Black Propaganda – Let Your light Return Upon Us

Black Propaganda développe, un peu comme Unconscious, un style EBM très mélodique. L’association, chez ces deux artistes, d’une armature grosse batterie/basse indus avec une mélodie très dreamy fonctionne à merveille. Artiste qui, de ma connaissance, n’a pas sorti beaucoup encore mais qui promet avec notamment des morceaux EBM à des tempos plus lents que ce que l’on trouve traditionnellement dans l’EBM.

Rafael Anton Isararri – Peripeteia 

À écouter d’une traite. L’album est un flux d’émotions qui s’écoule 40 minutes durant. Le son semble très compact, on ne distingue pas des instruments mais un ensemble de couches sonores sédimentées qui s’entecroisent, s’en vont et se défont. Cette manière de faire de l’ambient (comme Basinski ou Abul Mogard) – avec des boucles qui évoluent très lentement me semble faire écho à la pensée d’Héraclite qui dit qu’on ne se baigne j’amais deux fois dans le même fleuve.