Ça fait un moment qu’on l’écoute, et tout aussi longtemps qu’on veut vous en parler ! La voici, la seconde sortie du label d’Aggborough : NRV002. No Real Value présente l’EP ‘Dirtfishing’ qu’on vous propose d’écouter sans plus attendre.

No Real Value, le concept-label d’Aggborough

Le concept de No Real Value est particulièrement intéressant, sophistiqué et innovant. L’idée est de réunir quelques artistes choisis autour des mêmes field-recordings pour créer des morceaux différents. Une même base, trois morceaux de techno, c’est ce que propose la seconde release du label. Aggborough, chef de file de ce concept, a invité son ami One Track Brain et Dudley Strangeways pour l’EP ‘Dirtfishing’.

Trois cordes pincées, deux pièces de 50p, une capsule de Smirnoff Ice, la tonalité de proximité d’un détecteur de métal, ce n’est pas ce que l’on peut attendre d’un sortie Techno concentrée sur le club, mais c’est ce que William Green a choisi et enregistré pour la sortie de ‘Dirtfishing‘. L’idée est d’explorer les différentes valeurs des sons quand ils sont associés à un temps précis, un événement particulier, et ce à travers le contexte de la musique électronique underground. Le thème de la première sortie de No Real Value était les sons d’une mine de déchet métallurgique, celle-ci est l’enregistrement d’une journée de sons rencontrés pendant une journée de détection de métal dans les marécages de Walthamstow, entre l’ambiance et les discussions d’amis et de dir fisher.

On rappelle que les sorties de Aggborough sur OTB Records ont eu 4.1 en moyenne de la part de Resident Advisor, créant petit à petit sa vision et son essence au sein de la Techno, ils convient à l’occasion One Track Brain, Dudley Strangeways et Gustave Andre (en digital bonus).

No Real Value Dirtfishing EP Cover

‘Dirtfishing’ EP propose diverses interprétations

A1

Aggborough démarre l’EP ‘Dirtfishing’ sur les chapeaux de roues avec un morceau agressif et résolument techno autour de six minutes dans l’esprit d’un détecteur de métal obsessionnel. Plongé aux premières loges, on perçoit très clairement le bouillonnement d’un sang frétillant dans les artères d’une tête en ébullition. Une montée en puissance pour un morceau sans relâche, c’est ce que nous fait vivre le producteur londonien. Les chocs des bruits de métal des objets trouvés nous harcèlent et nous placent dans un cercle vicieux de névrose cadencée, le genre de lieu où l’on aimerait pas être scotché à vie, ne serait-ce même pour une nuit. Sombre et mélancolique, fatigué et sale, c’est ce que nous fait ressentir l’étrange et fascinante musique de William Green. Des vibrations lancinantes, perturbantes en office de basse propose une interprétation mémorable aux travers de chocs soudains, brutaux et massifs.

A2

One Track Brain quant à lui décide de nous plonger sous terre avec sa vision de « Dirtfishing« . Une nouvelle manière de découvrir la vie d’un détecteur de métal puisque les bruits sourds des pas rythmés, de la tonalité de l’outil du dirtfisher, quelques conversations s’échappent par morcellement au travers de la vase et de la boue du marécage, l’auditeur se laisse guider par les sonorités assourdies par l’en-dessous de la terre graveleuse avec l’aimant du détecteur juste au-dessus de la tête. Les quelques montées en puissance de la chanson laisse croire à la montée d’adrénaline que peut ressentir le chercheur d’objet lorsque la tonalité de proximité se fait sentir.

B1

Dudley Strangeways explore quant à lui l’essence des sons de manière beaucoup plus clinique, rationnelle et scientifique. Moins graveleux, on retrouve dans son interprétation de « Dirtfishing » une sorte de cleaning dans le traitement du son. Un kick puissant martèle la chasse à l’objet rare au long des douze minutes du morceau. On peut penser à une interprétation méthodique du hasard de ce hobbie, à l’instar des bribes de conversations, des prises de sons environnants qui se présentent de manières éparses et ponctuelles tout au long de ce morceau. Une discussion reste pourtant souvent en fond, derrière nous à gauche. On le sent, on l’entend parfois, lorsque la juxtaposition chirurgicale des textures et des field-recordings le permettent. Réconfortants, déconcertants, les blips issus des tonalités du détecteur de métal surgissent pour donner lieu à une techno minimale dont Dudley Strangeways est devenu un maitre.