Donnant suite à leur album ‘Pitch Black Mirror‘, sorti en 2016 et largement acclamé par le public, après avoir remixé NX1 sur un titre délicieusement obscur, Orphx est revenu chez Sonic Groove avec le quatre-titres ‘Learn To Suffer’. Produits à partir de leurs improvisations en live, les titres de ‘Learn To Suffer’ résonnent avec leurs travaux passés et déroulent une sombre trame. Démarrant par le frappant « Solipsist » , oscillant avec finesse entre breaks et nappes acidulées, le duo Orphx annonce d’emblée la couleur.

Véritables vétérans de la techno, les deux compères ont l’habitude de donner dans une techno industrielle aux relents acides, mais également dans une EBM tendancieuse et lascive. Saturée, ésotérique et trancieuse, la suite de l’EP nous fait plonger dans des abysses ténébreuses. Entre appel à l’aide perdu dans le brouillard et larsens stridants, « Bare Life » prolonge l’atmosphère étouffante.

Sorti depuis le 1er octobre (et oui, on n’est pas toujours en avance), l’EP semble se faire plutôt discret sur les réseaux. Pourtant, lors de l’écoute, on se confond dans un duo à la fois renouvelé et fidèle à eux-mêmes. « Pain Is A Teacher » est finalement la quintessence d’Orphx, comme une synthèse de ce que Christina Sealey et Rich Oddie savent faire de mieux : une course-poursuite introspective qui tambourine, qui ramone, compliquant les connexions. Habilement, des voix déguisées viennent troubler l’esprit. Masquées derrière une composition musicale complexe, on en vient parfois à se demander si nous ne les avons pas inventées…

Quoi de mieux qu’une techno sauvage et tonitruante pour clore un EP ? Probablement rien, et Orphx n’a pas lésiné à la tâche en proposant « Tröma Nakmo » en clausule du 4-titres. Saturés, les synthétiseurs défilent, les kicks frappent l’esprit de l’auditeur et des hi-hats torturés viennent sautiller sur les rythmes et les nerfs. Au fur et à mesure, d’autres instruments s’ajoutent, donnant dans une veine industrielle délicieuse. En deux temps, le morceau s’articule autour d’une pause relativement épique, s’adonnant derrière à une reprise tendue.