C’est la mode en fin d’année, il faut sortir une rétrospective de ses coups de coeur des 12 derniers mois. Alors on s’est prêté au jeu, et c’est plutôt cool de replonger dans ses derniers CDs, vinyles et téléchargement, on a donc essayé de faire un top des meilleures sorties House et Techno de 2016. On réécoute, on redécouvre, et on met du temps à se décider, et même si le penchant pour la Techno se fera sentir, on a essayé d’être équitable. Au final, c’est le bazar dans notre tête, mais on a fini par choisir ! On est finalement très heureux de vous présenter les meilleures sorties House et Techno de 2016 selon TBCL !

Les meilleures sorties House et Techno 2016 (selon nous)

One Track Brain – Private Sky EP : Private Sky

Autant vous dire que cet EP a été marquant, et accompagné d’une très belle interview de One Track Brain où il nous explique comment l’EP Private Sky a été composé, ses influences et les projets à venir de son label OTB Records. On suit le label de très près, et les sorties qu’il propose sont souvent des pièces à écouter de toute urgence. Sur ce coup, One Track Brain revient à la source du mouvement Techno et propose des titres brutes, incisifs et puissants. Jouant avec les nerfs de l’auditeur, on se passionne pour cette sortie.

Tristan Grace – The Furse EP : Imperial Park

Dernière découverte de l’année, l’EP de Tristan Grace est un condensé d’Acid House comme on l’aime : beaucoup de groove, des synthés qui claquent et des nappes aériennes acidulées. La sortie inaugure le label ‘I Walked By Night‘ de Krysko, le résident Warehouse Project. Tristan Grace pose le cadre dès le titre MRT-1, et enchaîne un sans faute sur notre coup de coeur, le titre « Imperial Park » . Les influences résonnent autour de Palms Trax, de Bicep et des ténors du genre, on se laisse porter et happer par les notes de piano subjuguées par une ligne acid mélancolique. Les kicks se font sentir, et c’est ce qui donne un rythme prenant les moins danseurs d’entre nous.

Orphx – Pitch Black Mirror : zero hour

Le duo canadien Orphx, acteur phare de la scène Techno, délivre en cette fin d’année un treizième album studio. Avec une certaine musicalité, ce disque n’est pas éloigné de leurs domaine de prédilection. Mais il possède une identité rythmique et conceptuelle qui manque souvent dans cette sphère plébiscitée. Sortie sur le label d’Adam X, on y découvre leur capacité à pousser continuellement leur son dans de nouvelles directions en s’appuyant sur des éléments électro, post-punk et EBM. L’utilisation des vocaux aide également à faire de cette écoute un voyage contrasté ; Des fragments de parole et de chant s’échouent dans les paysages sombres, parfois même dystopiques, et des échantillons de cris aident à ponctuer les passages les plus intenses. Un album où l’on découvre une mélodie cachée après chaque écoute, où notre esprit s’égare différemment selon l’espace-temps, en somme des titres prêts à engloutir l’auditeur.

Cosmin TRG – In Your Body EP : In Your Body

Techno brute et efficace, ‘In Your Body’ ne laisse pas de place à l’hésitation. Un rythme effréné, une kick-line linéaire et massive, Cosmin TRG fait ce qu’il sait faire de mieux : un titre puissant. Pas loin d’un peak time, on se délecte de ce deux-titres ! La face B est tout aussi intéressante, bien plus proche d’un morceau inter-stellaire aux confins d’une galaxie, imposant un paradoxe entre la puissance et l’aérien, on sélectionnera malgré tout le track éponyme, mais on vous recommande vivement les deux morceaux !

Charles Fenckler – Diving From the void : Stellar Acid

On était déjà pas trop mal avec « Frozen Room » et ses remixes, mais sur ce coup, Soma Records balance un album surprise de Charles Fenckler. Le LP nous a propulsé dans divers espaces, notamment avec le titre d’opening »Voices In Your Head » à la croisée des mondes entre IDM et ambient. Le  titre acid à souhait « Stellar Acid » nous a marqué, et on retient que l’artiste associé à Soma depuis 2014 a encore plusieurs tours dans son sac. Loin d’une Techno vide de sens, Charles Fenckler est capable de produire une techno pleine de rythme, vivante et avec un coeur qui bat, donnant ainsi à chaque titre une particularité bien définie.

Anetha – Leftover Love EP : Towards Infinity

Un EP hypnotique et brut, à l’image des précédentes productions d’Anetha. Sa techno sombre mais néanmoins dansante, très liée à l’esprit rave originel, crée toujours un parallèle intéressants entre l’inconscient et un certain esprit festif. Premier EP des ‘Blocaus Series‘ label  dont elle est la co-manager et résidente.

Skudge – Balancing Points : Falling

Une méditation technoïde évoluant au grès des pistes : la première moitié est particulièrement énergique, on est propulsés par des sillons tourbillonnants, des lignes de basse profonde, en surtension et des tambours robustes. On se retrouve ensuite enveloppé par une certaine lumière mélodique, on s’enfouit alors dans une atmosphère hypnotique, grâce à douze morceaux au thème narratif clair et avant-gardiste. Un sentiment sensuel, effervescent et pourtant imprégné d’un puissant fond démontre la réaffirmation du style puriste. ‘Balancing Point‘ est l’expression immersive de la vision intransigeante de Skudge. Pour eux la Techno est un art de l’esprit, l’expression même de l’âme d’un producteur.

D’Arabia : Pajama Girl

Le titre de D’Arabia était, au moment de sa sortie, une perle inédite, avec très peu d’écoute sur YouTube et un vague preview sur SoundCloud, plutôt difficile à trouver, mais les diggers l’ont mise au goût du jour dans un élan de générosité. Le genre de missile skeud que certains auraient sûrement bien voulu garder… Le titre « Pajama Girl » distille une House aux influences old-school mais totalement dans l’ère du temps. Le mélange des genres donne un titre dynamique, puissant et particulièrement prenant. Autant vous dire, il reste en tête, et à force de l’écouter, on finit par devenir dépendant. #YNTHT comme ils disent…

DJ Steaw – My Love Is Underground : East Orange

La compilation My Love Is Underground est un classique dans le genre, parfois on aime, parfois on n’aime pas, et le clivage autour de ces compilations reste un débat sans fin. Néanmoins, y’a pas à dire, le boss du label Rutilance Records sait faire de la House, et le prouve encore une fois avec le titre simple et efficace « East Orange » . Les synthétiseurs se pose à la perfection sur une ligne de basse groovy, les percussions portent le groove autour d’un rythme dansant. En fait, c’est une réussite, et ça fait plaisir !

Aggborough – Heygate EP : In A Sieve

Que dire, c’est notre artiste préféré à la rédaction et je pense que vous le savez. C’est pas un secret, Aggborough nous séduit à chaque release, et ce depuis sa première sur le label OTB Records. Cette année, le producteur londonien a sorti plusieurs titres, certains sur son label No Real Values, mais nous nous sommes particulièrement intéressé à l’EP ‘Heygate . S’inspirant d’un immeuble du South London aujourd’hui démoli, le titre « In A Sieve » reprend un poème d’Edward Lear appelé ‘The Jumblies‘ et défile les vers autour d’une mélodie enivrante et hypnotique. À part l’écouter, on n’a rien d’autre à redire.

Mézigue – Mangez moi : Du son pour les gars sûrs

Comment évoquer 2016 et ne pas parler de Mézigue ? L’ouragan de House punchy, un brin révolutionnaire et complètement barré qui monte rapidement, élu DJ n°1 sur le top Chineurs de House, a sorti une panoplie de bombes intersidérales. Des O.V.N.I. qui tabasse, et notamment le fameux hymne de 2016 « Du Son Pour Les Gars Sûrs » qui résonna en boucle dans les clubs, enceintes, écouteurs et casques, etc. Oui on en rajoute, mais ça a été la révélation de l’année, alors on le rappelle haut et fort !

Midland – Final Credits

Et oui les enfants, on ne peut pas non plus oublier de parler du titre élu meilleur titre de l’année par Mixmag. « Final Credits » de Midland, c’est le son qui vous aura fait danser comme des malades, et nous on a pu l’écouter en vinyle dans la cale de l’IBoat grâce au résident Delpech lors de sa date aux côtés de Baaz. Et toc ! La petite ligne de guitare funky, les synthétiseurs aux allures de disco, et cette voix envoûtante qui débarque de l’espace. On ne s’en remet pas, et on vous l’annonce, on va l’écouter encore longtemps. Cette track va devenir un classic !

Sarin – Current Conflict : Spine

S’appuyant sur une configuration très minimale, dépouillant l’EBM en ajoutant une influence Techno industrielle, Sarin pousse l’efficacité à l’extrême. ‘Current Conflict‘ doit être sa sortie la plus réussie jusqu’à maintenant, de par une réflexion derrière les morceaux : un fil continue relie chaque piste à la suivante et le BPM presque constant s’apparente à un DJ set. « Interceptor II » reprend une coupe antérieure avec plus de mordant sur les synthés et de la brillance sur les tambours, tandis que « AIM-54C » tombe dans l’électro classique, pas trop loin de The Hacker d’ailleurs. Et que dire de « Control » ?! véritable hymne EBM à la mélodie entrainante pouvant convertir n’importe qui. Sarin construit tout sur le rythme, centrée autour de grandes lignes de basses et de lignes mélodiques très subtiles. Avec une absence de voix, l’attention de l’auditeur est orientée vers un rythme réfléchi et sur la texture de chaque piste. C’est une compétence qu’on valide à la rédac, même si ce n’est pas facile d’écrire en se trémoussant !

Kmyle – Morning Lobotomy EP : Tortured Mind

C’est L’EP de la confirmation pour Kmyle, le jeune poulain de Skryptöm nous avait surpris en 2015, et cette année, il s’impose dans la sphère techno française. Cette sortie nous fait voyager à bord d’un nuage techno hypnotique, on dérive avec les notes de synthés minimalistes et avec ce kick dessinant la danse ténébreuse de « Tortured Mind« . Le voyage se poursuit avec le rythme costaud de « Morning Lobotomy« , les nappes de synthés et les arpèges agissent sur notre cerveau et maintiennent ce mood lobotomisant ; on devient débile, on ne pense plus, on agite nos bras et on est ravis !

Electric Rescue – Parallel Behaviors LP : Rexpirations

Le troisième album d’Electric Rescue sur Skryptöm, son propre label, est un condensé de ce que le français fait de mieux en matière de techno – et de musique électronique en général. Après avoir plongé dans cet LP et s’être abandonné aux sonorités, on peut affirmer que le producteur est doté d’une véritable maîtrise du début à la fin.

Mark Broom – Sixty Six EP : sixty six

Si vous aimez la techno douce, allez-vous en. ‘Sixty Six EP‘ de Mark Broom ne renferme que des morceaux totalement dédiés à enflammer des clubs lors de peak time. Le boss du label BeardMan nous délivre des titres entêtants et gras tout en restant groovy !