Le Type se lance dans une nouvelle aventure, osée et téméraire, celle de défricher des scènes locales européennes souvent bien cachée du prisme de nos digs. Le paysage musicale est en constant enrichissement, et la barrière de la langue mène parfois à un abandon, notamment lorsque le recours à l’anglais est impossible. Cela n’a pas été le cas de Scene City qui n’a pas baissé les bras et s’est jeté à corps perdu dans ce projet. L’échelon local, l’émergence, autant de filtres qui permettent d’affiner la recherche et la découverte culturelle.

Scene City, documenter et promouvoir les scènes locales

Le projet de Scene City est de référencer des artistes émergents européens. La première version de ce site comptera 10 villes et le référencement se fera notamment sous le prisme de l’émergence. Pas de contrainte de style donc, pas de barrière de langue, il sera possible d’écouter les artistes directement depuis la plateforme numérique. Nous y trouverons donc Bordeaux, Belgrade (capitale de la Serbie), la belle anglaise Bristol, Kyiv, Leipzig (à quelques kilomètre de la capitale allemande), Lyon, Lisbonne, Moscou, Vilnius en Lituanie et Tbilissi, la capitale de la Géorgie qui a beaucoup fait parler d’elle après les descentes de la police dans les clubs, notamment le Bassiani. De l’émergence, du local, mais pas de grandes capitales. Le choix de Scene City est conscient, l’aspect défricheur et dénicher est apparent.

Scene City, un média et des partenaires européens

Scene City et Le Type n’ont pas choisis ces villes au hasard, ils se sont appuyés sur des médias qui comme nous oeuvrent et soutiennent le développement de leur scène. Ces connexions ont permis de mettre en place une dizaine de partenariats qui représenteront les scènes locales et feront la passerelle avec la scène bordelaise. On compte parmi eux des disquaires, des webradios, des magazines, des festivals ou même des clubs. Ils sont embarqués et engagés dans le projet et permettront donc d’identifier au sein de leurs scènes respectives des artistes pertinents à mettre en lumière. Le Type sera la structure référente pour Bordeaux. Bristol est représenté par Noods Radio, une référence inébranlable en Angleterre et dans toute l’Europe. Concernant Vilnius, le partenariat s’est fait avec la fraiche et débrouillarde Palanga Street Radio,  enfin, la très qualitative Rádio Quântica, véritable repère pour les activistes de la scène lisboète, saura mettre en avant le meilleur de Lisbonne.

Une des Scene City : Kiev © Dmytro Prutkin

Une des Scene City : Kyiv © Dmytro Prutkin

Un média dédié aux cultures alternatives est présent pour Kyiv, il s’agit de TIGHT Magazine. Il est piloté par 3 ambassadrices de la capitale ukrainienne et de sa scène underground. À propos de Leipzig, en Allemagne, c’est un festival particulier, un peu à part, qui a intégré le projet : Seanaps. Celui-ci a en effet la particularité de se développer autour de la technologie blockchain qui encadre les paiements des festivaliers et permet ainsi une transparence sur son budget. Le Drugstore est une club quelque peu intriguant, situé dans un abattoir il met en lumière hebdomadairement la scène serbe de Belgrade, riche niche d’artiste talentueux pour la plupart. Les disquaires, repères de diggers et autres artistes passionnés en général, terminent cette liste de partenariat. À Lyon, on compte le fameux Chez Emile Records, qui joue un rôle important dans le développement de la scène de la ville de la rosette et dans son identification comme bastion des cultures électroniques françaises. La capitale géorgienne, Tbilissi, sera quant à elle représentée par Vodkast Records, un disquaire de référence qui fait notamment le pont avec d’autres territoires.

Un premier événement à Bordeaux autour de Tbilissi le 7 septembre

L’objectif de Scene City n’est pas seulement de référencer des artistes sur une plateforme numérique, il s’agit bien de connecter les scènes et leurs acteurs, d’encourager les échanges et les collaborations. Les interactions entre les villes seront donc nécessairement favorisées au cours d’un événement. Cette série d’épisodes permettra donc une meilleure connaissance des deux scènes respectives, et de lier derrière le booth un lien qui perdure. Comme l’écrit Le Type, c’est une sorte de jumelage 2.0 porté par la culture et les arts. En plus de la musique, l’ambition du projet est de permettre d’appréhender chacune des villes sous d’autres angles.

Scene City : event 7 septembre

Ninasupsa, artiste originaire de Tbilissi, jouant souvent à Bassiani, est typiquement représentative de la bouillonnante scène géorgienne. Parna, booker du club Mtkvarze (prononcez comme vous pouvez), est pour le coup lui-aussi bien au fait de ce qui se passe chez lui. Son métier l’invite à découvrir, être curieux, et ainsi de se positionner en faveur d’une effervescence indéniable. Concernant l’aspect bordelais, tplt et Birouette s’occupe de représenter notre scène pour cette édition. Un débat sera diffusé en direct sur Ola Radio, et la photographe bordelaise Vanupië montrera son travail lors d’une exposition. Elle était présente à Tbilissi lors des affrontements et des manifestations liés à la fermeture du Bassiani. Enfin, une offre de restauration sera proposée afin de découvrir les délices de la gastronomie géorgienne trop peu connue dans l’hexagone.

Exposition Scene City - MANIFESTATION © Vanupië

Exposition Scene City – MANIFESTATION © Vanupië