Voiski, pilier de la scène techno française depuis bon nombre d’années maintenant, véritable artisan d’un son à la française où l’atmosphère est ciselée, les rythmes précis, et les mélodies à la fois entraînantes et attachantes. Luc Kheradmand aka Voiski s’est livré à l’exercice du Ten Essentials pour  tenter, de manière personnelle et subjective, de clore la décennie 2010-2019. Il est par ailleurs ce soir à l’IBOAT en live, une belle occasion à ne pas manquer de faire la fête, accompagné du jeune talent émergent CEM et de notre technicien local Loner. Pour faire cette sélection, Voiski m’a expliqué qu’il s’est penché sur ses souvenirs et sur les morceaux qu’il a encore joué en novembre / décembre et qui sont de cette décennie. Avec un retour sur chacun de ces morceaux, plongez dans son univers en 10 tracks.

Voiski, son Ten Essentials de 2010 à 2019

Entro Senestre – La Caccia (2010)

Un disque que j’ai beaucoup usé cette année-là, il m’a été offert par Willie Burns le créateur du label WT Records sur lequel j’ai sorti un de mes premiers (et meilleurs) disques avec mon duo de techno pop Kartei.

Steve Moore – Frigia (2011)

Cette année-là j’ai fait une double découverte : celle d’un label qui a changé ma vie, L.I.E.S., et d’un artiste, Steve Moore, qui n’aura cessé de m’inspirer pendant toute cette dernière décennie. Ce morceau magique reste une des pièces de musique électronique les plus remarquable à mes yeux aujourd’hui.

Vril – mnml ssg special (2012)

C’est l’année où j’ai découvert Vril, sa musique d’abord avec le track UV sur ostgut et ce podcast de mnmlssg, et puis le gaillard par la suite. La légende dit qu’on s’est rencontré au pied d’une montagne, en traversant une jungle menant à une plage taïwanaise. Quelques mois plus tard on s’est retrouvé à faire un live ensemble au RexClub dans un nouveau groupe nommé Vrilski.

Chris Mitchell – Eyedeal (2013)

C’est un morceau que je joue pratiquement tout le temps encore aujourd’hui. Dans mes sets il fait office de Tool émotionnel, il a une mécanique unique qui monte en pression et un superbe travail harmonique dans le background.

Dopplereffekt – Delta Wave (2014)

En 2014 on a beaucoup parlé du track d’Objekt sur ce même EP mais c’est celui de Dopplereffekt que je retiens,  pour toujours intemporel, comme le reste de la discographie de Gerald Donald.

Mark Forshaw – For No One (2015)

Un morceau de 2015 que je joue encore énormément, Mark Forshaw – For No One, un killer de warm up acid et d’une efficacité redoutable.

Outer Space – 18:47 (2016)

Sur le mini album Gemini Suite de Outer Space, le groupe d’ambient qui m’aura le plus touché au cours de ces dix dernières années. J’ai le souvenir d’avoir écouté l’enregistrement de cette pièce pour la première fois chez Wata Igarashi qui l’avait en CD-R collector, on en avait les larmes aux yeux. Le travail John Elliott plus généralement est incroyable et incontournable.

Moon Temple – Bay Of Rainbows (2017)

Ce morceau acid, coloré et groovy est incroyable et inexplicablement méconnu. Je le joue encore très souvent. Il fait toujours son petit effet et offre aux danseurs et à moi-même de grands moments d’émotion !

154 – wherever you go (2018)

De cette année je retiendrai le grand retour de 154 avec cet EP sorti après 14 ans d’absence. Newworldaquarium (Jochem Peteri) est certainement l’artiste qui m’a le plus influencé dans mon travail depuis très jeune. Ce disque peut sembler interminable à première écoute mais c’est un choix sentimental, il me rappelle son album Strike sorti en 2004 qui a été un disque très important pour moi. C’est un peu comme retrouver mon meilleur ami perdu de vue pendant des années, qui revient sans avoir changé d’un poil, je ne me lasse pas de l’écouter.

Kali Malone – The Sacrificial Code (2019)

Le disque que j’ai le plus admiré cete année est sûrement cet album de Kali Malone : près de deux heures d’orgue enregistrée sans reverb au plus près des instruments joué lentement d’une manière minimale et répétitive, induisant une expérience hypnotique proche d’un Steve Reich ou d’Arvo Pärt, deux compositeurs que j’ai énormément écouté dans ma jeunesse. Un album quasi mystique qui incite à la contemplation et l’introspection personnelle.